Du 9 au 13 Mai 2012 – Colmar    Du 24 au 26 Mai 2012 – Mulhouse    Du 5 au 7 Juillet 2012 – Strasbourg  

 

L’Occasione fa il ladro

Farce musicale de Gioacchino Rossini

Direction musicale: Franck Villard

 

 

Critiques dans “lalsace.fr”

La nouvelle production de l’Opéra Studio, « L’Occasione fa il ladro » de Rossini, révèle de jeunes chanteurs pleins d’ardeur et de talent dans une mise en scène inventive.
Bien sûr, ce n’est qu’une « farce musicale » : ne lui demandons pas plus qu’elle prétend offrir. L’amateur d’opéra exigeant n’y verra qu’un texte indigent, incohérent, prétexte à « scènes à faire », pâle imitation d’un Marivaux peu inspiré. Mais l’attrait essentiel de cette page charmante, sans doute, est ailleurs.
Créée en 1812 (quatre ans avant le Barbier), l’œuvre possède en germe tout ce qui fera du Rossini de 20 ans un compositeur accompli. On y trouve ainsi une ouverture prémonitoire de la tempête de Guillaume Tell, des ensembles à la rythmique haletante et tourbillonnante, une orchestration brillante. Rossini y fait ses armes et la partition, à ce titre, convient parfaitement aux jeunes chanteurs de l’Opéra Studio.
Yuri Tsiple incarne ainsi un Parmenione truculent, à la fourberie insolente servie par un timbre sûr et chaleureux ; Martino, le serviteur (Dimitri Pkhaladze) domine avec talent un personnage difficile par ses incohérences. Mark van Arsdale est sans doute un Alberto plus pâle : son assez joli timbre de ténor demande encore à gagner en assurance et en aisance ; face à eux, l’Ernestina de Marie Cubaynes rayonne de sa voix lumineuse et de son sens dramatique aigu, tandis qu’Émilie Brégeon offre une Bérénice plus à l’aise dans la romance que dans l’éclat mais témoigne d’une belle maîtrise dans son air de bravoure.
Dans son désir de prouver sa virtuosité d’écriture, Rossini multiplie les ensembles, du duo d’amour au sextuor final, et c’est ici que la performance des chanteurs trouve son meilleur accomplissement. Ils sont soutenus par un Orchestre symphonique de Mulhouse vif et précis sous la direction de Franck Villard : cordes acérées, mais aussi souples et suaves, vents moqueurs accompagnent l’action, respectant à merveille les accents parodiques de la partition.
La faiblesse de l’action dramatique est intelligemment sauvée par la mise en scène inventive de Sandrine Anglade, jouant la dérision de la passion avec une ironique « carte du tendre » figurant tour à tour les ruelles de Naples et d’anguleux nuages. Plus tard, de grands voiles blancs définissent avec une poésie délicate des colonnes, des arches ou de symboliques dais matrimoniaux. Distanciation cocasse et burlesque (costumes, effeuillage…) complètent les ingrédients d’un spectacle enlevé, sans prétention, certes, mais dont la vivacité pétillante ne laisse pas de place à l’ennui.

Y ALLER Théâtre municipal à Colmar, le 11 mai à 20 h et le 13 à 15 h (tél. 03.89.20.29.02) ; théâtre de la Sinne à Mulhouse, les 24 et 26 mai à 20 h (tél. 03.89.33.78.01) ; Opéra du Rhin à Strasbourg, les 5 et 7 juillet à 20 h (tél. 08.25.84.14.84). Site internet : www.operanationaldurhin.eu

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